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D’après la Banque de France, le Bitcoin n’est pas une monnaie



Les îles Marshall ont récemment annoncé la création d’une monnaie nationale entièrement numérique. Mais cela signifie-t-il pour autant que toutes les crypto-devises sont des monnaies à part entière ? Dans son rapport du 5 mars 2018, duquel nous avons déjà parlé à d’autres égards, la Banque de France répond par la négative. Selon elle, le Bitcoin – la première de toutes les crypto-monnaies par l’ancienneté comme par la valeur – ne serait pas une monnaie. Quelques explications ci-dessous.

Qu’est-ce qu’une monnaie ?

L’humanité s’est longtemps passée de monnaie. Le troc et l’échange semblent avoir marqué les premiers millénaires des sociétés humaines, et même Sparte dans la Grèce antique ne connaissait pas le système monétaire. On prête d’ailleurs à l’introduction de l’or perse le déclin de cette cité prestigieuse… Depuis, la monnaie s’est largement diffusée, généralement adossée sur l’or ou des biens réels (le riz, par exemple). Au fil des siècles, des princes puis les États ont imposé un monopole monétaire, ce qui leur permet désormais de produire des devises au coût marginal quasiment nul : celui du papier ! Toutes choses remarquablement bien expliquées par l’économiste et philosophe Hans-Hermann Hoppe dans son ouvrage La Grande Fiction.
Une vidéo permettra peut-être de mieux comprendre la définition actuelle de la monnaie à proprement parler :

De nos jours, les banques centrales et institutions publiques considèrent qu’une monnaie doit répondre à trois critères. Ceux-ci sont tout simplement les fonctions :
  1. d’unité de compte ;
  2. de moyen d’échange ;
  3. de réserve de valeur.

L’avis de la Banque de France sur le Bitcoin

Dans sa note rendue publique lundi dernier, c’est-à-dire le 5 mars 2018, la Banque de France parle nommément du « bitcoin » en évoquant son « émergence ». Mais c’est volontairement que les rapporteurs ont préféré utiliser l’expression « crypto-actifs » plutôt que les termes « crypto-monnaie » ou « crypto-devise ». Cela rappelle les propos de Jean-Claude Trichet, ancien président de la Banque centrale européenne :

La Banque de France estime que le Bitcoin n’est pas une unité de compte, car rares seraient les prix exprimés en Bitcoin. Cet argument semble douteux, étant donné que l’essor de cette crypto-devise entraîne peu à peu l’expression de prix en Bitcoin. De plus, à l’échelle planétaire, on trouvera davantage de prix exprimés en BTC qu’en kwanza angolais ou qu’en lek albanais… Et on pourrait même aller, peut-être, jusqu’au franc suisse.
Pour ce qui est du moyen de paiement ou de l’intermédiaire d’échange, la BDF considère que les « crypto-actifs » sont excessivement volatils pour que ce soit le cas et que les frais de transaction sont trop élevés. Pourtant, en dépit de ces limites, de plus en plus de secteurs s’ouvrent aux paiements en Bitcoin. On l’a vu avec des ventes immobilières dans différents pays, mais aussi pour un cabinet juridique irlandais ou des vols en montgolfière en Ille-et-Vilaine. Et ce ne sont que des exemples parmi beaucoup d’autres. Les frais de transaction varient quant à eux en fonction de la crypto-devise considérée, et le Ripple (XRP) doit justement son succès aux moindres frais qu’il propose pour les virements internationaux…
Du côté de la réserve de valeur, la note du 5 mars explique le Bitcoin ne repose que sur une puissance de « calcul informatique » sans « sous-jacent réel ». Et c’est le cas de la plupart des « crypto-actifs », Ethereum semblant se distinguer en finançant réellement une croissance économique via l’informatique. Mais l’argument serait recevable si les monnaies légales étaient elles aussi adossées sur une valeur réelle, ce qui est de moins en moins le cas depuis un bon siècle, le peu qui reste de cette valeur réelle étant de toute façon totalement inaccessible aux usagers de l’euro ou du dollar. À l’inverse, le Petro de Nicolás Maduro est fondé sur du réel, de même que d’autres crypto-devises, comme une adossée sur l’or en Australie.
En fait, le véritable reproche vient plus loin : c’est l’absence d’institution centrale régulatrice. Pourtant, cette dernière est récente dans l’histoire et n’arrive qu’avec les États « faux-monnayeurs » ! Finalement, les griefs de la Banque de France se retournent également contre les politiques monétaires officielles. La question est de savoir s’il existe tout bonnement encore de véritables monnaies correspondant à quelque chose de réel. Ce sera peut-être l’enjeu des temps à venir et, malheureusement, qui sait, de nouvelles crises…

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Source : Capital

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